Dictionnaire du français difficile - mots rares et recherchés

« La connaissance des mots conduit à la connaissance des choses. » — Platon.

Sources : cnrtl.fr, larousse.fr, wikipedia.org, lemonde.fr.

aiguière

aiguière vase élégant avec anse et bec, pouvant affecter les formes les plus diverses, destiné à contenir de l'eau (parfumée ou non) pour l'ablution des doigts ou des mains généralement après les repas, de l'eau (tiède) pour la toilette, ou de l'eau (fraîche) pour boire, exceptionnellement du vin, du thé. « Aiguière d'argent, d'or, de vermeil. » (=buire)
objet de toilette. « Un esclave, tenant une aiguière d'or et un bassin d'argent, verse une eau pure sur les mains du prêtre d'Homère. »
vase pour la boisson. Des aiguières à long col enserrant des vins inconnus. Une aiguière d'eau fraîche à portée de la main.
objet de décoration.
métaph.: ce qui ressemble à une aiguière par sa forme, sa fonction. « Le jasmin tend ses aiguières, et la garance ses guerres. »

sardonique

rire, sourire sardonique => se traduisant par une forte contraction des muscles de la face donnant à la bouche une expression acerbe et moqueuse. « Un sourire sardonique errait sur les lèvres du docteur Maugredie, esprit distingué, mais pyrrhonien et moqueur. »
p. méton.: « la bouche sardonique et les yeux froids de ce vieillard dodeliné par les vices. »
pathol.:.rire, rictus sardonique = rictus convulsif, contraction involontaire des muscles de la face qui s'observe dans certaines affections graves (notamment le tétanos) et qui donne l'impression d'un rire forcé dans un faciès grimaçant (= rire, spasme cynique). « Un rire sardonique voltigeait sur ses lèvres pâles, interrompu de temps à autre par un claquement de dents fiévreux. »
p. méton., péj.: qui traduit une expression de moquerie, une intention railleuse ou sarcastique, amère ou méchante. « Ricanements sardoniques; regards sardoniques. Une étrange contradiction subsistait toujours malgré lui entre ses pensées et ses paroles; jamais pensées plus magnifiques et élevées; jamais paroles plus sardoniques et basses. »
[en parlant d'une pers.] ironique, moqueur. « Méprisante et sardonique, elle le traitait de "pauvre malheureux!" »

cambuse

mar.: resserre contenant les vivres d'un équipage.
p. méton., fam.: cantine d'un chantier, d'une usine, etc.
restaurant bon marché : « il battait le pavé pour trouver une autre cambuse, où l'odeur de la cuisine déridât les visages. »
arg. pop : cabaret mal famé.
arg. pop : petite chambre misérable, taudis. « Quelle cambuse, quelle turne ! s'exclamait Durtal. »

cambusier : marin chargé du service de la cambuse. « Le cambusier ou distributeur des rations à bord. »

mulsion

mulsiontraite. « Avant la mulsion, le trayeur devra se laver les mains et laver le pis de la vache. »

albédo

albédopouvoir de réflexion d'une surface exposée à la lumière (mesuré de 0 à 1). Un corps noir parfait aurait un albédo nul, tandis qu'un miroir parfait aurait un albédo de 1. « La Lune ne réfléchit que 12 % de la lumière qu’elle reçoit, son albédo est donc de 0,12. La Terre est bien plus brillante, avec un albédo de 0,37. » « L'albédo de la neige est très élevé, de l'ordre de 80 %. » « Parmi les procédés antiréchauffement envisagés : l'augmentation de l'albédo des zones urbaines. »

balancelle

embarcation généralement pointue à ses extrémités, à mât unique portant une voile latine, munie d'avirons et utilisée en Méditerranée pour la pêche ou le cabotage.
plateau muni d'un crochet sur lequel on place les objets à transporter. « Nous prenons place à cinq ou six dans une sorte de balancelle qu'on suspend par un crochet à une élingue, et qu'une grue soulève et dirige à travers les airs, au-dessus des flots. »
siège de jardin, à plusieurs places, avec un toit en tissu et des coussins assortis, mobile comme une balançoire.

truchement

personne qui parle à la place d'une autre, qui exprime sa pensée, lui servant d'intermédiaire, de porte-parole. « Le ministre chrétien est le truchement entre Dieu et l'homme. »
ce qui fait comprendre, permet de traduire la pensée, les sentiments. « La forme est, dans ses figures, ce qu'elle est chez nous, un truchement pour se communiquer des idées, des sensations. »
par le truchement de : par l'intermédiaire de. « Par le truchement d'un ami. »

syllogomanie

accumulation compulsive. « Sans tomber dans la syllogomanie, les propriétaires d'ordinateurs, tablettes et smartphones ont la corbeille difficile. Des nuées de fichiers sont stockés sans être jamais consultés une fois remisés. » « Je m'interroge sur ma propre folie de collectionneur. Suis-je un syllogomane ? »

bas-bleu

péj.: femme savante, d'une pédanterie ridicule. Avoir la réputation d'un bas-bleu; pérorer comme un bas-bleu; le pédantisme d'un bas-bleu. « Un bas-bleu! d'une instruction à épouvanter, qui a tout lu! qui sait tout ! ; elle semblait probablement à ses amies un insupportable bas bleu. »
bas-bleuisme : pédanterie ridicule de femmes de lettres sans talent. « Plus il y a de talent dans une femme, moins il y a de bas-bleuisme. »

musagète

musagète [myth.] qui conduit les Muses. Apollon musagète. « Apollon Musagète, qui instruit les Muses et les conduit au Parnasse. »
p ext.: chorégraphe. « Pendant trente ans, ce musagète a régné en maître du Ballet de l'Opéra. »

amure

[marine] cordage servant à fixer une voile du côté d'où vient le vent. Amure de misaine, amure de grand-voile.
p. ext.: direction d'un navire à voiles par rapport au vent d'après son amure.
avoir les amures à bâbord, à tribord : recevoir le vent par la gauche, par la droite. « Les frégates, les amures à bâbord, naviguent face au soleil couchant. »
prendre les amures à bâbord, à tribord : orienter le navire de façon qu'il reçoive le vent de gauche, de droite.
changer d'amures; changer les amures : virer de bord. « Il s'apprête à changer l'amure : amène la misaine, la décroche, la raccroche de l'autre côté du mât, et puis, ayant craché dans ses mains, lourdement suspendu à la drisse, il se met à haler, d'un effort pesant, prolongé, répété, pour étarquer la voile, pour la hisser bien à pic. »

amurer
fixer l'amure d'une voile pour l'orienter selon le vent : « Pas de meilleur marin que lui, nous l'avons dit; personne comme lui pour amurer une voile, pour baisser le point du vent, et pour maintenir avec l'écoute la voile orientée . »
navire amuré tribord ou bâbord : navire orienté pour recevoir le vent à droite ou à gauche.
p ext., arg.: mal amuré = mal parti, engagé sur une pente fâcheuse. « Veille au grain, fistot, tu me parais mal amuré! »

campanile

campanile tour élevée à côté d'une église et servant de clocher. Campanile de l'abbaye, de l'église; campanile à jour; monter au campanile. « Dans le lointain la solitaire Padoue, et Venise dont les dômes et les campaniles frangés d'or brillaient dans un ciel de saphir. »
lanterne, petit clocher à jour élevé au-dessus d'un édifice pour abriter une cloche. « En attendant le retour du clocher, il agrémenta sa demeure d'un campanile. »
p anal. : « Devant moi, les gratte-ciel s'étageaient, montaient, à mesure que je prenais du champ. La Standard Oil dominait de son campanile conique à quatre obélisques toutes ces tours carrées. »

kairos

kairos [myth. gr.] dieu du temps opportun, de l'occasion à saisir, par opposition à Chronos, dieu du temps linéaire, et Aiôn, dieu du temps cyclique.
[philos.] temps de l’occasion opportune. « Toutes ces occasions manquées, ces kairos fulgurants qui ont un jour surgi, qu’on n’a pas su saisir et qui se sont enfoncés pour toujours dans le néant… »
p ext.: « Cette fois, pas question de laisser passer le kairos ! » « Il est trop tôt pour agir, le kairos n’est pas encore là. »

litote

expression qui consiste à dire moins pour faire entendre plus (exemple: je ne te hais point = je t'aime)

lanterner

fam.: temporiser, hésiter à agir. « Elle nous a menacés si on lanternait davantage. »
lanterner à + inf => « Monseigneur de Valois n'avait pas lanterné à donner les ordres. »
perdre son temps à des riens. « Sans plus lanterner devant les boutiques qu'il n'examinait même pas, il s'achemina vers son logis. »
faire lanterner qqn. : faire attendre. « Vous m'avez toujours fait lanterner à propos de ce terrain en m'assurant que vous n'aviez pas d'héritiers et maintenant en voilà un qui surgit de je ne sais où. »

Pantomime

Comportement outré, ridicule

évaltonné

[ordinairement en parlant d'une femme] désinvolte; étourdi(e), évaporé(e). « Elle a la réputation d’une évaltonnée, d’une fille facile. » « Qui est cette évaltonnée à la crinière flottante ? » « On s'est groupé par âges, les enfants devant, la jeunesse évaltonnée au milieu et les vieux sages derrière. »

prophylaxie

prophylaxie ce qui prévient l'apparition, la propagation ou l'aggravation d'une maladie. Prophylaxie antituberculeuse, antivénérienne ; prophylaxie contre le VIH ; prophylaxie des épidémies. « Le respect des mesures de prophylaxie est indispensable pour éviter la propagation du virus. » « L'abattage du cheptel comme moyen de prophylaxie collective. »
prophylaxie mentale : ensemble des mesures destinées à assurer le maintien de la santé mentale, la protection contre les psychonévroses et les diverses formes d'aliénation.
p. anal.: ensemble de mesures prises pour prévenir un mal. Prophylaxie du crime ; prophylaxie antiraciste.

alanguir

mettre dans un état de langueur, d'abattement, de mollesse. « Cette chaleur lourde m'alanguit. »
p ext., litt.: rendre langoureux, emplir d'une langueur douce et tendre. « Cette senteur douce nous imprègne, nous enivre, nous alanguit, nous verse une torpeur somnolente et rêvante. »
devenir languissant, perdre sa vigueur. « Ma circulation s'alanguit jusqu'à faire hésiter ma vie. »
p ext., litt.: se laisser envahir par une langueur tendre, s'abandonner. « Son visage martial dont l'expression s'alanguissait lorsqu'il posait les yeux sur elle. »

palatable

palatable[aliment] de goût agréable. « Dans les pays occidentaux, la disponibilité courante d’aliments hautement palatables n'est pas étrangère à l’accroissement de l'obésité. » « On parle de "faim hédonique" lorsqu'un aliment, jugé comme étant très palatable, provoque le désir de manger. »

nixe

nixenymphe des eaux, dans la mythologie germanique et scandinave. « Le pêcheur fait naufrage à cause de la nixe et de ses chants. »

Canaan

CanaanAbraham (="père d'une multitude") est né à Ur, en Chaldée (l'Irak actuel), environ 1800 ans avant notre ère. Il a 99 ans quand Dieu lui apparaît en songe.
Selon le premier livre de la Bible, la Genèse, Yahvé ("Celui qui est") fait don à Abraham de son "Alliance". Il l'engage à quitter sa contrée et à partir vers la terre de Canaan, ainsi nommée d'après Cham, l'un des fils de Noé. Dieu annonce aussi à Abraham qu'il aura un fils, Isaac, de son épouse Sara et qu'il sera le père d'une multitude de nations ! Abraham part donc avec son peuple, qu'on dénomme les Hébreux, d'un mot qui signifie "ceux qui passent".
Après une longue errance, la petite troupe s'établit enfin dans le pays de Canaan, "où coulent le lait et le miel" sous la conduite d'Isaac et de son fils Jacob, surnommé Israël ("Dieu s'est montré fort") en souvenir de son combat contre un ange relaté par la Bible. Ce pays de Canaan, entre le Jourdain et la Méditerranée, n'est autre que l'actuelle Palestine.

agonir

[fam.] accabler. Agonir qqn (d'injures, de reproches, etc). « Il agonit son collaborateur d'injures. » « Je croyais qu'il allait m'agonir, me traîner dans la boue mais rien du tout! Il semblait même heureux de me voir. » « On veut rendre service et on se fait agonir, traiter comme pourri ! »

abonnir

rendre bonne une chose antérieurement mauvaise, rendre meilleure une chose déjà bonne. « Les caves fraîches abonnissent le vin. » « Le feu défriche les terrains propices aux prochaines semailles et, en passant, les abonit. »
devenir bon, devenir meilleur. « Le vin s'abonnit en vieillissant. » « Cette liqueur n'a pas abonni en vieillissant. » « C'est un méchant homme qui n'abonnira jamais. »

passion triste

concept forgé par le philosophe Spinoza, qui oppose l'action (expression de notre véritable nature) à la passion (influence extérieure). Pour Spinoza, l'homme passionné subit une influence extérieure et n'est donc pas libre. Cette passion peut être joyeuse (ex: amour) ou triste (ex: haine, peur, colère, jalousie). « Le monde occidental est submergé par la victoire de ce que Spinoza, le philosophe de la démocratie, nommait les passions tristes, comme la haine, la peur, la colère, le mensonge ou la violence. » « Je serai le Président qui va réconcilier les Français, qui va en finir avec les passions tristes, avec le ressentiment, avec l'esprit de défaite. »

performatif

verbe dont l'énonciation implique l'action qu'il exprime. Ex: Je te conseille de... , je jure que..., je t'ordonne de...
p. ext.: qui réalise une action par le fait même de son énonciation (anton.: constatatif). Fonction performative, énoncé performatif.
p. méton.: énoncé qui présente ces caractères. « "Je t'aime" est sans nuances. Il supprime les explications, les aménagements, les degrés, les scrupules. Il n'a d'autre référent que sa profération : c'est un performatif. »

fatuité

caractère du fat; satisfaction excessive et ridicule de soi-même (=infatuation, contentement de soi, suffisance, vanité). Plein de fatuité ; se remplir de fatuité ; un air, un ton, un sourire de fatuité. « Dans quel pays du monde la fatuité n'est-elle pas une ressource de l'amour-propre pour cacher la médiocrité naturelle ? »

gorgone

gorgone personnage fabuleux, de type plutôt féminin, qui se caractérise généralement par des ailes, des défenses de sanglier, une chevelure de serpents, un regard fixe, pétrifiant et qui symbolise une puissance redoutable. Les trois Gorgones : Méduse, Euryale, Sthényo. « Jamais guivre, jamais gorgone ne fut plus lippue, plus hideuse, plus sinistre, plus épouvantable à voir. »
fig: pers. qui inspire une forte répulsion par sa laideur, sa méchanceté (= harpie). « Une gorgone en tablier sale »
chose qui rebute, effraie. « On a vu la rage, la rancune, toutes les gorgones, triompher. » « Une lamentation gorgonienne emplit les montagnes et les vallées. »
animal marin. « Les gorgones de Méditerranée se meurent sous l'impact du réchauffement climatique. »
★ Le verbe "méduser", vient de Méduse, l'une des trois Gorgones. Son regard dangereux changeait en statue de pierre quiconque avait le malheur de le croiser.

éphélide

éphélidepetite tache brunâtre ou roussâtre, apparaissant sur les parties de la peau exposées à l'air, due à l'action du soleil ou à une pigmentation particulière de la peau (= tache de son, de rousseur). « Son visage criblé d'éphélides sous une broussaille de cheveux roux. »

félibre

auteur, poète de langue provençale moderne. « J'allais rejoindre mes amis les poètes provençaux, les Félibres. À cette époque, le Félibrige n'était pas encore érigé en institution académique. »
défenseur des dialectes d'oc et de la culture provençale. Auteur félibre.

Félibrige : école, association littéraire fondée à l'initiative de Mistral et d'autres écrivains provençaux pour assurer la sauvegarde de la langue provençale. « Le congrès du Félibrige se réunit chaque année dans une ville des pays de langue d'oc. »

félibréen : relatif aux félibres, au félibrige. Association félibréenne ; traditions félibréennes. « Cette vie félibréenne ressemblait beaucoup à celle de la Pléiade, le Rhône remplaçant la Loire. »

scrofuleux

relatif à la scrofule (infection de la peau et des muqueuses). « Ganglions scrofuleux; tumeur scrofuleuse. »
qui est atteint de scrofule. « Les eaux salées sont bonnes pour les scrofuleux. »
p. métaph.: « quelle erreur d'appeler maladie l'exercice vigoureux de nos facultés naturelles! C'est la médiocrité qui est scrofuleuse et maladive. »

homoncule

être vivant de très petite taille, aux pouvoirs néfastes et surnaturels que les alchimistes du moyen âge prétendaient pouvoir créer (=homuncule). « Les alchimistes, au XVIe siècle, se vantaient de pouvoir créer des homuncules, c'est-à-dire de petits hommes d'un pouce, que l'on conservait dans des fioles, en les nourrissant de vin et d'eau de rose. »
p. ext.: homme de petite taille, fluet.
péj.: petit homme contrefait (= avorton). « Toulouse-Lautrec, un homuncule ridicule, dont la déformation caricaturale semble se refléter dans chacun de ses dessins. »
fig.: expression caricaturale et amoindrie de l'homme. « De tristes homoncules que l'énergie vitale semble avoir abandonnés. »

trilemme

trilemme[néologisme] choix difficile entre trois options. « Les dirigeants sont confrontés au trilemme énergétique : comment garantir une énergie fiable, durable et abordable ? »

siècle

le monde et ses activités profanes par opposition à la vie consacrée à Dieu, à la vie en religion. Vivre dans le siècle, hors du siècle; vivre selon le siècle; quitter le siècle, renoncer au siècle. « Ce stage dans la cléricature dura peu. Il abandonna à temps une carrière pour laquelle il n'était pas fait et rentra dans le siècle. »
le monde et la civilisation par opposition à la nature, à la vie naturelle. « Le siècle n'a mis aucune marque sur cet horizon qui n'est fait que du grand ciel et des plis du terrain. »
séculariser = passer de l'état religieux à l'état séculier ou laïc. « Un prêtre sécularisé. Le monastère primitif s'est sécularisé. »
transférer un bien d'Église dans le domaine public. « Catherine II avait sécularisé une grande partie des biens de l'Église orthodoxe. »
soustraire une fonction, une institution à la domination religieuse ; la mettre entre les mains des laïcs (=laïciser).
séculier = laïque, non religieux.

berme

berme petit espace ménagé entre le pied d'un rempart et un fossé, pour éviter les éboulements ou servir de retraite. « Le fort est entouré d'un fossé, considérablement rétréci par une sorte de berme accolée à l'escarpe. »
chemin, passage entre une levée et un canal, un fossé, le long d'une route. « Au bord du chemin, sur la berme pleine de pâquerettes et de grillons. »

luciférine

luciférinesubstance qui produit la luminescence chez certains insectes (luciole, lampyre, etc.) et poissons. Luciférine de luciole. « La femelle lampyre, pour attirer le mâle, agite dans la nuit le dessous de son ventre dont les annelets terminaux sont porteurs de luciférine. »

tetrapharmakos

[du gr. téttares, quatre, et phármakon, remède]
quadruple remède, ou ensemble des quatre principes du bonheur épicurien (éthique eudémoniste) :
• Les dieux ne sont pas à craindre (car jouissant déjà de l'ataraxie, ils sont indifférents aux affaires humaines)
• La mort n'est pas à craindre (tant que nous existons, la mort n'existe pas, et quand la mort existe, nous ne sommes plus)
• La souffrance est supportable (si elle ne l'est pas, elle conduit à la mort, qui elle-même n'est pas à craindre)
• Le bonheur est facile à obtenir (le bonheur sensible, loin de la vanité des richesses et de la gloire).

stase

méd.: Lenteur ou arrêt de la circulation sanguine ou de l'écoulement d'un liquide ou d'une matière organique. Stase intestinale, papillaire, pulmonaire. « Conseillés pendant la grossesse, les bas de contention évitent la stase du sang dans les veines. »
psychanal.: processus économique supposé par Freud comme pouvant être à l'origine de l'entrée dans la névrose de la psychose: la libido qui ne trouve plus de voie vers la décharge s'accumule sur des formations intrapsychiques; l'énergie ainsi accumulée trouvera son utilisation dans la constitution des symptômes.
fig.: cessation d'activité. « Il m'explique que ce qui lui plait, c'est l'idée d'être nulle part, dans une sorte de stase temporelle et spatiale. »

bleu de Chine

bleu de Chine costume bleu indigo imposé par le président Mao Zedong et porté par les travailleurs chinois pendant la période communiste, puis adopté dans les régions méditerranéennes (ex: Marseille, Corse, Algérie, Tunisie). « Son bleu de Chine qu'il ne quitte que pour dormir. » « Il était vêtu d'une veste bleu de chine, ample, sans revers. »
couleur bleu foncé intense (= bleu indigo). « Pelotonnée sous l'édredon bleu de Chine. »

contemptible

qui mérite le mépris, méprisable. Homme vil et contemptible.

judéo-bolchevisme

judéo-bolchevismeterme péjoratif assimilant la judéïté au bolchevisme et au communisme en général (équivalents : "judéo-communisme", "judéo-marxisme").
Le rôle important des Juifs dans l'avènement du communisme est la conséquence de l'oppression qu'ils subissaient de la part des monarchies chrétiennes. Cependant, leurs opposants (Russes blancs d'abord, puis mouvements antisémites européens) y ont vu un complot pour l'hégémonie du peuple Juif.
Avec la théorie du judéo-bolchevisme, les nazis réussirent à rallier à leur cause des fractions de la société jusqu'alors réticentes, comme l'Église, foncièrement anticommuniste.

coupe sombre

suppression d'un nombre important de choses ; réduction massive, draconienne.
▲ l'usage a perverti le sens origniel de l'expression : pour les forestiers, "faire une coupe sombre" consiste en effet à déboiser de manière parcimonieuse afin de laisser de l'ombre. Inversement, "faire une coupe claire" consiste à déboiser totalement pour faire une clairière.

effet de halo

effet de halobiais cognitif consistant à juger qqn ou qqch sur la base d'une seule de ses qualités (= effet de notoriété ou effet de contamination).
Ex: une pers. au physique agréable sera jugée plus intelligente.

dauber

attaquer verbalement en raillant, en dénigrant. « J'ai daubé d'importance les Américains, peuple de marchands sans génie, qu'un Tocqueville peut seul admirer. »
dauber sur : « à table tout le monde daube sur M. Roosevelt et ses calculs politiques. »

enchifrené

enrhumé. Vieillard enchifrené « Me sentant plus ou moins enchifrené, je demandai à Max la permission de le quitter. »
altéré par une inflammation des muqueuses nasales. Voix, toux enchifrenée. « Il écarquille sa bouche coupée en fente de tire-lire d'où s'échappe une voix pointue et enchifrenée. » « La prononciation enchifrenée qu'impose le flux des larmes. »

bémoliser

bémoliser marquer d'un ou plusieurs bémols, Bémoliser une note, un ton, la clef. « Pour conserver toutes les notes dans la gamme, nous serons conduits à diéser ou à bémoliser certaines d'entre elles. »
p. métaph. : « La vie de bohème a bémolisé son innocence. » « La mauve agitation des flots que charme et bémolise le clair de lune. »

rubicond

qui a le teint très rouge (=enluminé, rougeaud), rubescent, vermeil. « Nez, visage rubicond; joues rubicondes. »
qui a le visage rouge.« Un petit homme gros, rubicond et épanoui. »
rouge. « Je vois au-dessous de moi se répéter au coeur des champs l'image du rond soleil, rubiconde dans le riz vert. »

heimatlos

qui est dépourvu de nationalité légale (=apatride). « Un intellectuel est une sorte d'heimatlos, et c'est n'avoir plus de patrie que d'avoir sa patrie au ciel des idées. »

fibrille

petite fibre.
petit filament composant un tissu, un organe, une fibre.
fig.: « peut-être la profonde passion d'Eugénie devrait-elle être analysée dans ses fibrilles les plus délicates. »
petite veine colorée apparaissant sur la peau (=veinule, ridule). « Il avait les yeux pleins de petites fibrilles rouges. » « Les ailes de son nez nervurées de fibrilles rouges. »
fibrillé = marqué de fibrilles, de lignes en réseau. Visage fibrillé.

céphalée

mal de tête. « Habituellement appelées maux de tête, les céphalées sont très fréquentes, et constituent l'un des premiers motifs de consultation médicale. »
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